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Le fugitif courait à perdre
haleine….
Le bruit de ses pas
résonnait maintenant tout
proche dans le bruissement des feuilles qui se tachaient de pourpre.
Ses
lourdes bottes de cuir martelaient le sol et parfois leurs semelles
usées le faisait soudain
glisser projetant un peu de boue rougeâtre sur ses chausses de gros
drap
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Dans les fougères odorantes
dansaient des taches claires annonçant l’orée du bois et déjà les
grands chênes allaient s’éclaircissant.
L’odeur suave du sous-bois
montait du sol battu par les pas et se mêlait à la respiration
haletante de l’homme.
Son manteau s’ouvrit et
balaya un instant le sommet des buissons. De ses longues et fortes
mains, il le ramena sur sa poitrine et prit son élan pour aller encore
plus loin.
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D’un seul coup, l’ombre
fit place à la lumière. L’homme s’arrêta et se passant la main
sur le front regarda vers la prairie qui s’ouvrait devant lui.
Une chaude et douce lumière
émanait de son regard ; ses lèvres s’entrouvrirent pour murmurer
encore : « Seigneur, aide-moi … »
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Où aller maintenant ?
Depuis plusieurs heures, il
fuyait les dragons du roi ; ses forces s’épuisaient et il n’y avait
là aucun endroit pour se cacher.
A ses pieds, les bruyères
égrenaient leurs petites grappes mauves et dans le soleil couchant, un
papillon bleu voletait.
Son regard lumineux descendit
vers l’ouest ; il aperçut un vallon, des murs, et reprit sa course.
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C’étaient bien des murs,
un hameau abandonné …
Une cour jonchée de pierres,
un portail grinçant, et même dans la
serrure ... une vieille clé toute rouillée.
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Dans le lointain, un bruit
comme un roulement de tambour, un galop de chevaux qui se rapprochait
d’instant en instant.
Les soldats seraient là
très vite maintenant.
Un cri jaillit du cœur de
l’homme traqué : « Ce soir, je dois prêcher ! Mon Seigneur,
tu sais qu’ils m’espèrent là-bas ... »
Les ombres du soir
nimbaient la cour de gris, de rouille et de sang …
Un rayon de lumière fila,
éclairant un coin sombre.
Une petite porte, une
ouverture, le prédicant s’approcha.
Posant ses mains sur le
muret effrité, il avança sa tête brune dans l’étroite ouverture
; oui, c’était bien un four à pain.
Quelques pierres roulèrent
…
Se courbant davantage, il
progressa dans ce trou ténébreux et en quelques mouvements rapides ;
il se retrouve dans une petite pièce obscure où il pouvait juste se
tenir à genoux.. |
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Une grosse araignée noire et velue détala…

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Le martèlement des sabots ébranlait
régulièrement le sol qui vibrait soudain ; ils étaient bien quatre.
Sur le bord du trou, l’araignée agita un
moment ses longues pattes habiles ; puis d’un geste sûr, secréta
un peu de soie pour se balancer dans la lumière dorée.
Un piétinement, des éclats de voix, ils s’arrêtaient…
« Maître, nous périssons ».
Et toujours à genoux, il priait pour les
siens, pour le message que Dieu avait mis dans son cœur.
Sa foi allait et venait, l’enserrant
toujours plus dans une toile d’amour et de paix.
Des claquements d’éperons sur les
pierres, une voix avinée : « Maudit parpaillot, je lui ferai
passer l’envie de courir ! Fouillez ces ruines pierres par pierre ;
il ne peut être loin !
Pas par ici, imbécile ! Ivrogne ! Vois
cette toile d’araignée ; comment aurait-il pu passer à travers les
mailles !
Dans le lointain les tambours des galops s’estompaient
; et toujours à genoux l’homme pleurait, des grosses larmes
salées, des larmes de joie.
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Ce soir, son titre serait : « Alors,
Jésus vint … » |
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Gemme
(Cette histoire a été écrite à partir d'un fait
réel du passé protestant)
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